26.07.2008
Tourner sept fois sa langue dans sa bouche... Puis la soumettre au test des trois passoires !
Qu'il est blessant de se confronter aux médisances de ceux que l'on imaginait estimable...Tout finit par se savoir : Les murs ont des oreilles.
Dans ces circonstances, une riposte est elle nécessaire?
Plusieurs alternatives se présentent :
-Dénigrer à notre tour, appliquer la loi du talion et répondre ainsi à l'adage "Oeil pour oeil, dent pour dent"
Soulagement immédiat avec de surcroît le sentiment d'avoir satisfait notre soif de vengeance, en tournant l'autre en dérision. Seulement, nulle élévation si ce n'est dans l'échelle du méprisable.
-Se confronter à l'autre en ayant pour objectif de le mettre face à la bassesse de son procédé. Il en résultera gène, surprise, discrédit. Les langues de vipère, sauf exception, sont incapables d'assumer leur propos au grand jour.
Mais encore une fois rien d'exaltant. Cela ne peut engendrer une introspection de la personne susvisée qui s'efforcera juste à l'avenir de mieux occulter le caractère polémique de son discours.
Ma préférence va à l'indifférence
Lorsque l'individu se montre des plus chaleureux et qu'il tient simultanément les propos les plus orduriers à votre égard. La meilleure option reste celle de l'ignorer. Cela revient à couper tout contact avec l'objet de la nuisance. Les ravages de la médisance, résident notamment dans les rapports intimes et emphatiques que l'on entretient avec l'acteur. Il se sait " démasqué " et en conséquence, ne peut plus être préjudiciable.
La sagesse est mère des vertus :
Il convient ainsi de prendre du recul et analyser les fondements des calomnies sans occulter les motivations du maldisant. N'avez vous jamais remarqué que ceux dont le débit venimeux est le plus acerbe, prêtent à la compassion?
En outre, se remettre en cause n'est jamais fortuit. Après tout être l'objet de brouhaha n'est pas anodin, puisqu'il résulte de notre comportement qui mériterait alors d'être corrigé.
Bien heureux celui qui se tient l'abri d'une parole malheureuse ou de commérages douteux
Aussi je vous propose une approche Socratique de la question, avec le test des trois passoires :
Socrate avait, dans la Grèce antique, une haute réputation de sagesse. Quelqu'un vint un jour trouver le grand philosophe et lui dit : « Sais-tu ce qui se dit sur ton ami ? »
« Un instant, répondit Socrate. Avant d'entendre tes révélations, j'aimerais te soumettre à un test rapide.
Vois tu, les paroles ne sont pas anodines aussi il est bon de les filtrer. C'est ce que je nomme les trois passoires .
La première passoire est celle de la VÉRITÉ :
As-tu vérifié si ce que tu veux m'apprendre est VRAI ? » « Non, pas vraiment, je n'ai pas vu la chose moi-même, je l'ai seulement entendu dire. » « Très bien ! Tu es donc incertain de sa véracité ".
Essayons de filtrer autrement, en utilisant une deuxième passoire, celle de la BONTÉ.
"Ce que tu veux me confier sur mon ami, est-ce quelque chose de BIEN ? " " Ah non, au contraire! J'ai entendu dire qu'il avait très mal agi. "
" Donc, tu souhaites me rapporter de mauvaises choses et tu n'es pas sûr qu'elles soient vraies..."
Mais il subsiste encore une passoire : celle de l'UTILITÉ
"Est-il UTILE que tu me dises ce que mon ami aurait fait ? » « Utile ? Non, pas vraiment, cela ne me parait pas utile. »
" Alors ..."Conclut Socrate " Si ce que tu as à me raconter n'est ni VRAI, ni BIEN, ni UTILE, pourquoi vouloir me le dire ? Je ne veux rien savoir. De ton côté, mieux vaut oublier tout cela . »
Ah merveilleux SOCRATE ... En remerciant la malveillante de m'avoir permise de plonger dans cette morale antique et intemporelle.
Soyez les bienvenus dans ce combat de tous les instants !
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Car assainir son rapport à l'autre en mesurant les conséquences des propos que l'on tient et dont il ferait l'objet, revient à lutter contre ses passions les plus primitives en contribuant à la construction d'un monde assurément meilleur.
Le débat mérite d'etre ouvert et vos interventions et temoignages plus que jamais indispensables !!
22:55 Publié dans H.Philosophie, R.Sagesses et Adages du Monde | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : médisance, bienveillance, socrate, trahison, blessure




Commentaires
Excellent!!!
Amitiés,
Yannick
Écrit par : Yannick Comenge | 27.07.2008
la méchanceté gratuite ou la lâcheté de ne pas dire les choses en face ne mérite pas un commentaire plus long que celui là:
- Bravo Aida! passe à autre chose.
Écrit par : Irfan | 02.08.2008
Socrate avec le test des trois passoires à prouver à cette langues de vipère que ce qu’il voulait lui annoncé à propos de son ami n’étais ni vrai, ni bien, ni utile et donc qu’il ne servait à rien de l’écouter .Mais pour aider son ami ne faut-il pas entendre les bruits (mauvais ou pas) qui courent à son sujet pour les faires taire par la vérité, plutôt que d’expliquer(même si c’est très instructif)à cette personne qui n’es pas la seule à rependre ces ragots à propos de son ami.
Cette leçon à eu pour résultat de donner les moyens à une langue de vipère de ne plus l’être mais quand n’es t il des ragots à l’encontre de son ami ? Pour ma part j’aurais attendu de mon ami qu’il me rapporte ou contre les mauvais ragots circulant à mon encontre au lieu de transmettre seulement un savoir. Socrate, le grand Socrate aurait il pas pu faire les deux à la fois au lieu de me sacrifié, même si c’est pour la bonne cause. VRAI, ni BIEN, ni Utile VRAI, ni
Écrit par : Abdé Lahmeri | 21.08.2008
Parfait...
Écrit par : Fadila | 09.09.2008
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