02.06.2010
Incha'Allah ou comment s'en remettre à la providence ?
Bonjour à toutes et à tous,
J'espère que ce texte vous trouvera au meilleur de votre forme !!
De retour d'une active et verte promenade dans mes terres normandes, je voudrais vous faire partager ma petite réflexion du jour quant au lacher prise et à la guidance divine.
Vous remarquerez certainement au fil de mes textes, de régulières références au Divin. Avec cette expression caractéristique du monde arabe et musulman "Incha'Allah" ce qui signifie littéralement, si Dieu le veut. D'ailleurs cette tournure est indépendante de l'islam. Car quelle que soit l'église ou le clergé de référence, tout un chacun utilisera incha'allah au sein du monde arabe que l'on soit juif, musulman, catholique romain, grecque-orthodoxe, copte, maronite, druze, chrétien chaldéen, assyrien ou arménien, agnostique, athée et j'en oublie assuremment de nombreux autres.
Certaines connaissances et même proches amis m'ont reprochée de trop expliciter ma croyance, mon attachement à Dieu. Évoquant l'hypothèse que cela pourrait faire perdre à mes textes en universalité ou contrarier mes lecteurs laiques, athées et non croyants. Aussi, il m'importe de vous apporter quelques précisions quant au caractère philosophique d' Incha'allah.
Au fil de notre existence, nous ne cessons de planifier, de nous interroger, d'aspirer et espérer. Je me souviens lorsque j'ai commencé la fac de droit à 19 ans, j'étais persuadée de finir avocate en droit international 4 ou 5 ans plus tard. Avec cette ambition viscérale de défendre les droits de l'homme. Mes parents me disaient souvent " Incha'Allah" et je leur répondais " Oui oui, bien sur, mais bon c'est évident, vu que j'ai toujours été performante intellectuellement". Vous noterez ma grande modestie de l'époque :-)
Et bien en dépit d'un début prometteur, je me suis bien plantée ! D'ailleurs je n'ai jamais été aussi mauvaise que dans ce cadre. Et mes rêves de carrière prestigieuse ont fondu comme neige au soleil. Me retrouvant dans une situation où je m'enlisais car n'ayant plus d'attrait pour une matière trés technique. Les interrogations quant à mon avenir, mon devenir se trouvaient alors mon lot quotidien. Avec de plus une estime de soi plus bas que terre.
En appréhendant la situation avec un recul de plusieurs années, je conçois evidemment que les choses n'arrivent jamais par hasard. Sans cet echec, du moins aujourd'hui je l'envisage telle une épreuve. Je n'aurais jamais expérimenté des domaines aussi eclectiques et encore moins acquis la sérénité et la bienveillance quant aux limites humaines. Je cultivais un tel élitisme entêté et fermé, doublée d'une perception unilatérale de la conception du bonheur. Sans oublier qu'à mes yeux la "bonne manière" d'acquérir la connaissance et le savoir ne pouvait avoir lieu qu'à la fac ou dans le cadre des grandes écoles ! En bref je voulais concilier le fond et la forme mais pour de mauvaises raisons, etant celle de l'image et de la réussite sociale.
Je réalise donc aujourd'hui que la profession d'avocat n'était vraiment pas faite pour moi. Ayant une personnalité beaucoup trop fantaisiste et dans une certaine mesure dispersée pour une carrière trés formaliste nécessitant un investissement optimal. Bien entendu le droit m'a énormément apportée. Il a structuré mon esprit, a libéré mon écrit, m'a fait prendre conscience de la rigueur des termes et de l'importance du formalisme. Sans oublier qu'il a mis la lumière sur de multiples enjeux institutionnels et internationaux. Aussi je suis ressortie de mon cursus avec une licence en droit international et européen. Et entamé un master en droit des affaires qui reste inachevé, que je terminerais peut être un jour car j'aime finir ce que j'ai commencé.
Tout cela pour vous dire, qu'il convient d'être modeste face aux aléas du destin. Nous avons le devoir d'oeuvrer par des actions en concordance avec nos ambitions. Nous devons nous donner les moyens de parvenir à nos fins. Et selon l'adage " Aides toi et le ciel t'aidera " votre travail, et la justice divine aidant permettront un aboutissement à vos entreprises, Incha'allah ! Néanmoins rien n'est sûr et du jour au lendemain la donne peut changer. Les choses sont mouvantes, et donc aucunement figées !
Aussi pour en revenir à mon expérience. Aujourd'hui, je suis en phase de création d'une activité en communication écrite et dans la gestion et stratégie de projets éthiques. Au final j'exerce une profession trés proche de celle que j'envisageais initialement qui se caractérise par une prépondérance de l'écrit, des règles déontologiques avec la volonté de promouvoir des valeurs éthiques.
Parfois nous considérons les seules finalités d'une ambition. En occultant le cheminement afin d'y accéder. Je crois beaucoup aux étapes initiatiques et Dieu sait qu'il en existe au sein d'un projet. Il convient de ne pas se braquer sur une perspective donnée. Et au contraire, se concentrer sur le bénéfice retiré à chaque étape du cheminement. En d'autres termes nous n'avons pas une obligation de résultat, bien qu'il soit de notre devoir de mettre tout en oeuvre afin d'atteindre ce dernier. En revanche, ces outils, moyens et l'apprentissage qui en résulte le long de cette aventure, voilà le vrai enrichissement !
Réussir c'est fantastique !! Réussir bien, honnêtement, par la force de son travail et de son éthique, ça c'est vraiment génial ! Aussi lorsqu'un élement, une chose, une question vous trotte dans l'esprit et que vous tenez absolument à son aboutissement, alors ...NE LACHEZ PAS L'AFFAIRE ! Cela signifiera trés clairement qu'il existe là un bien ou une leçon de vie à retenir. Donnez vous donc les moyens d'aboutir à ce qui vous importe de concrétiser, toujours bien entendu dans le respect et la considération d'autrui. Encore une fois la vie est éphémère. Fondamentalement, nous n'avons rien à perdre, à jouer. Mais lorsque l'on joue, il faut appréhender des règles rigoureuses et ne pas le faire au dépend des autres. Jouer c'est donc s'amuser, prendre du plaisir, et s'inscrire dans une dynamique collective perenne et positive.
Je conclurais ici en revenant à mon introduction.
Non cher(e)s lecteur(ice)s, je n'essaie pas de vous convertir ou de vous inviter à croire absolument. Car nulle contrainte en religion. De toute manière chaque individu a une spiritualité qui s'illustre par ses convictions. Un athée qui dit ne pas croire, croit en réalité en un ensemble de valeurs excluant une force suprême et supérieure.
Alors ne vous offusquez pas de mes incha'allah ou si Dieu le veut. Il s'agit pour moi et selon mon système d'éthique et de croyance, de bénir mes actions en me remettant au Divin, lui laissant le choix d'aboutir ou non à mon résultat espéré, sachant pertinemment qu'il y aura toujours un bien.
Et jusqu'ici, el Hamdoulileh, ce qui signifie en arabe Dieu soit loué, cela me réussit plutôt bien :-)
Et pour conclure de manière festive, je vous propose le morceau "Incha'Allah" de la chanteuse tunisienne Latifa qui fait le voeux que l'homme qu'elle aime revienne, sans oublier l'illustre Incha'allah d'Adamo beaucoup plus méditatif et malheureusement toujours d'actualité...
A trés bientôt, Si Dieu le veut !
15:18 Publié dans H.Philosophie, N.Interculturalité-Voyage, S.Spiritualité-Developpement personnel | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : spiritualité, islam, dieu, croyance, croyant, foi




Commentaires
Bien écrit et sincèree, comme en tous vos poèmes et pensées chère Aïda.
Cependant, je dois l' avouer... je reste quelque peu sur ma faim : la notion d' "universalité" semble s' être évadée de l' intention première en votre réflexion.
Le prononcer ou l' empreinte écrite d' une phrase telle "incha' Allah" n' est gênant en rien en soit, pour personne, ce serait plutôt une éventuelle omniprésence d' un rappel explicite à "la volonté de Dieu" insérée dans un texte, notamment argumentaire, qui serait susceptible, en Europe surtout et en France plus particulièrement, cela lorsque le contenu est destiné à des institutions, décideurs ou au large public... de gêner la dite portée universelle d' une idée, d' une démonstration.
Cela dit, sans aucune polémique. Chacun(e) étant libre de ses entendements.
Portez-Vous bien chère Aïda et belle suite à Vous, en toutes choses.
Jacques-Eugène Stauffer
Écrit par : Feuillets Phiiens | 02.06.2010
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