24.07.2010

Epopée Phiienne 2- Delires agricoles et illustration solidaire de l'esprit Phiien !

Mes généreux lecteur(ice)s,

Désormais PHIIENNE convaincue ,vous découvrirez le long des lignes qui vont suivre, rédigées en septembre 2009, mon introduction simultanément drôle, enrichissante et douloureuse dans le monde agricole. Ma courte et intense expérience en date de l'été dernier au cours de laquelle, je franchissais encore un pas déterminant dans mon cheminement existentiel aboutit à la rédaction de ce texte relatant l'épuisement de ma FOI au point d'en être malade, ne percevant à vrai dire plus de perspectives quant à l'avenir. Je remettais en cause tous mes attraits et empathies, j'ai même failli supprimer ce blog. C'est donc dans ces circonstances que quelques personnes méritant le qualificatif de bien intentionnée vous tendent la main pour vous voir ré-émergée. Cela est l'illustration du fait qu'en dépit d'un tempérament trés positif et trés confiant, il survient aussi des périodes de doute et même de perdition.

Mais rien de dramatique, DIEU soit loué ! Cette aventure avec du recul, fut ô combien bénéfique. Elle m'a permise d'y voir plus clair et de définir l'idéal de vie qu'il m'importait d'atteindre. Confortant ainsi mon amour de la diversité et de l'eclectisme et trouvant au final un terrain d'entente prolifique et gagnant-gagnant avec notre ami Jacques-Eugène STAUFFER. Car lorsque la convergence est profonde et réelle, l'harmonisation in fine s'opère naturellement.

Alors n'oubliez jamais : Ce qui ne nous tue pas, nous rend plus fort !

Quelque soient nos différents, les offenses et les deceptions, les doutes ou les égarements, demeurez justes, sincères et toujours égals à vous même. Prenez également votre temps pour prendre les bonnes décisions, jusqu'à ce que vous ressentiez une concordance entre le coeur et l'esprit quant à la voie choisie.

Et Croyez moi, c'est là l'attitude payante et salvatrice. Celle qui ne vous reservera Incha'Allah que de bonnes surprises :-)

A trés bientôt, Si DIEU le veut !!

 

Aida


Semi-déception agricole : L’esprit Phiien aura t’il raison de doutes paralysants ?


Voilà quelques semaines, que je converse de mes réticences et autre afflictions avec celui que j’aime à qualifier «  Eminence grise », j’ai nommé Mr Jacques-Eugène STAUFFER.
Et je me dois de confesser qu’en dépit de mes changements de cap récurrent ô combien agaçant, qui ferait fuir n’importe quel saint homme. C’est avec persévérance, gentillesse et non moins fermeté que Jacques-Eugène STAUFFER s’est résolu de me tenir la main afin d’aboutir à la lumière du chemin périlleux qu’il m’est donné actuellement de traverser.

Je me dois en préambule de vous expliquer la genèse de ces tourments aux angoisses profondes qui me font vivre bien des nuits blanches. Je vous confiais il y a quelques mois de cela, afin d’inaugurer mon adoubement de nouvelle Phiienne, lors d’un article où je vous rendis compte de ma découverte des concepts Phiiens et de la personnalité hors du commun de celui qui les a forgé, mon virage à 180 degrés et ma volonté de me former aux techniques agricoles et agronomiques avec l’enthousiasme d’une jeune débutante, ignorant alors tous du domaine qu’elle s’apprêtait à épouser.

Soit, j’intégrais donc cette formation de BTS agricole avec enthousiasme et volontarisme…Peut être excessif. Parisienne de naissance et de culture, je n’étais pas armée de la meilleure manière afin d’aborder un domaine on ne peut plus manuel, et qui de ce fait se prêterait peu à être intellectualisé. Mes codes culturels et ma formation à l’université sans oublier mes activités de recherche et autre conférence que j’organisais, m’auront assurément imprégnée d’une méthodologie qui pourtant me semblait transposable à tout objet sans me sentir nullement en proie à un quelconque formatage. C’est avec un regard mêlé de curiosité et d’admiration que je souhaitais profondément, sincèrement comprendre et découvrir ce monde agricole.
A mon grand regret, mon expérience fut un semi échec cuisant, bien que mon séjour auprès de mon maitre de stage ait été un véritable ravissement.

Hubert COUPART agriculteur durable en polyculture élevage, exploitation normande mêlant cultures céréalières,  légumineuses et élevage de bovins à viande et de vaches laitières , m’initia fort patiemment et avec passion à son métier, me faisant part de sa perception et de ses analyses quant à l’avenir de la profession. Il me livra ainsi tous les outils adéquats afin que je puisse comprendre son univers et mieux m’imprégner de son quotidien.

Hubert est en outre une personnalité attachante, cultivée et ouverte sur le monde.
Je le caractérise volontiers par le terme «  d’agriculteur humaniste ».
Maryvonne COUPART, son épouse, une femme impressionnante de gentillesse, de générosité. Impliquée dans une multitude d’activités associatives, parvenant à concilier vie professionnelle en tant qu’assistante administrative auprès de plusieurs municipalités, tout en contribuant au travail à la ferme , sans oublier son engagement dans l’éducation de sa petite fille souffrant d’une maladie génétique très handicapante, me réserva un traitement dont je lui suis et lui serais ad vitam eternam infiniment reconnaissante. J’eu ainsi le bonheur de séjourner deux semaines auprès de ces personne hors du commun en leur exploitation, LE COUDRAY.
M’imprégner ainsi  de leur douceur de vivre, profiter de leur superbe terasse jouxtant un édénique jardin potager et noter ainsi qu'à la beauté du domaine agricole, se mêlait ô combien les contraintes de tâches exigeantes, parfois ingrates et dont la rentabilité demeure des plus incertaines, fut une découverte de tous les instants.
Nous fîmes également quelques échanges culinaires. Je leur fis découvrir quelques produits orientaux tels les Makroud gâteaux au miel et aux dattes et à leur tour ils me firent une démonstration gourmande des plus agréables quant à l’étendu de la gastronomie normande.


Le couple me rendait compte des motivations initiales mêlant prise de conscience et choix de meilleures conditions de vie lors de leur conversion à l’agriculture durable. Cette nouvelle gestion qui leur permit de vivre décemment ces dernières années n’a néanmoins pas résisté à la crise protéiforme mondiale et du lait en particulier les concernant. Et aujourd’hui l’équilibre de leur compte se trouvant fermement menacé, c’est grâce à leurs modes de vie reposant sur une quasi autosuffisance alimentaire qu’ils parvenaient à joindre les deux bouts et par la grâce de Dieu vivre confortablement.

Durant mon séjour à la ferme, je fus donc initiée à de multiples tâches tels que la traite des vaches, la préparation des rations, nourrir un petit et adorable veau nouvellement né, qui ne manquait toutefois jamais une occasion de me rentrer dans les genoux afin de me manifester probablement son bonheur de me voir venir avec son lait.
J’appris qu’il fallait s’interroger sur la santé d’un animal lorsque ce dernier se trouvait isolé. Compte tenu de leur instinct grégaire, les bovins sont faits pour vivre en groupe et toute séparation devait donner l’alerte. Hubert me fit découvrir le marché aux cadrans. Il s’agit du marché aux bestiaux. Un incroyable lieu où se côtoient agriculteurs, acheteurs pour les abattoirs et autres marchands de viande. Je découvris avec surprise naturellement le potentiel de fascination d’un bovin au jarret proéminent défilant avec malice et fierté. Je puis vous dire désormais savoir reconnaître un bel animal !

Il y eu également quelques évènements cocasses :
Alors que nous nous apprêtions à rapatrier avec son veau, une vache venant de mettre bas, du champ à la ferme afin de les soigner. Nous fûmes confrontés à la résistance de l’animal. Et c’est ainsi que nous courûmes à trois, trois quarts d’heure durant, derrière notre belle Holstein, qui ne cessait de nous fuir entre les bras.  Hubert s’exclamant entre deux enjambés «  J’espère que l’on ne va pas courir derrière ce truc toute la journée. ! »
J’eu le sentiment en ces instants, être un gardien de but désespérant de rattraper la balle. En l’espèce l’objet de notre course pesait au bas mot près de 700 kilos. Ce qui  nous invitait à considérer à deux fois, toute prise de risque et autres acrobaties.
C’est donc alors qu’exaspéré par l’animal capricieux et devant notre lassitude collective, qu’Hubert se saisit de son véhicule et lui courut après, jusqu’à ce que cette dernière épuisée de ses tentatives d’ échappatoire, consentit enfin à monter dans la bétaillère.

Un autre jour nous découvrîmes la moitié d’un troupeau de Charolais hors la loi !!  Ces derniers après s’être faufilé en rompant un poteau maintenant la clôture du champs de Mais s’y retrouvèrent coincés et les voici savourant gaiement les épis et ce dans une admirable anarchie ! Il ne se firent pas prier pour quitter leurs prisons verte devant l’ensilage d’herbes et de mais que nous leur proposions en appat externe.

Ah j’oubliais !! J’appris également à conduire un tracteur, oui oui oui !! Et ce au cours de chemins accidentés où je ne cessais d’être secouée.

Bien que l'expérience fut physiquement intense, car totalement nouvelle, elle me conquit totalement. Imaginez urbaine que je suis entre robe et talon aiguille, me retrouver en bottes en caoutchouc à arpenter les barrières et voir mes tenues de travail saccagées par les fils barbelés. Vider plusieurs  bennes de bois ou encore escalader une échelle de plus de trois mètres et des montagnes d’herbes fermentées, marquèrent mon dépaysement certain.
Mais qu’importe le savoir n’a point de limite et il faut savoir mouiller la chemise !!

Et la rigueur physique aussi puissante soit elle est toujours acceptable, lorsque la pression morale n’intervient pas en sus.

A mon grand regret, je ne puis retirer un souvenir aussi salutaire dans le cadre de mon centre de formation dont je vantais pourtant les vertus et la belle pédagogie. Et j’ignore encore par quel mystère, je me retrouvais au fil des jours mise en quarantaine.
A vrai dire, à cette période, j'observais le jeûne du mois du Ramadan et il est vrai, je me trouvais dans un état de fatigue et une humeur telle que je préférais rester au calme, plutôt que de m’accoler avec le groupe avec lequel je peinais en outre et ce dès le premier jour à trouver un terrain d’échange.
Bien vite, je devenais  l’objet de démonstration de malveillance et d’inimitié à la frontière d’un manque de respect patent car tout simplement différente.
C’est avec effarement que je réalisais que quelle que soient les démarches entreprises envers mes camarades, à mon grand regret, il me serait impossible de m’intégrer et encore moins de fraterniser. Tous étaient d’ascendance européenne, issu de famille d’agriculteur,  possédaient leur permis de conduire. Et visiblement n'étant pas conforme à ces caractéristiques de base, mon existence dans le groupe s'en trouvait éludée.

Peut être ont il pensé que je les prenais de haut car n’allant jamais participé à une de leurs activité ou prise de verre en leur compagnie ? Il se trouvait qu’au vu de mes contraintes de transport, et de surcroit de la période susvisée, contribuer aux activités auxquelles de toute manière il ne m’ont jamais conviée, m’apparaissait difficile.
Et chaque fois que je faisais un pas dans leur univers, j’avais un retour des plus glacial. Je compris que suivre cette formation, uniquement et exclusivement pour un diplôme, alors que c’était l'expérience humaine qu’il m’importait de vivre n'en valait pas la peine. De plus et je dois avouer que je m'en veux énormément pour cette lâcheté. Je dus me résoudre à considérer les évènements avec recul et silence. Me trouvant dans une conjoncture qui ne m'interdisait d'expliciter certaines vérités. Oui il existe en effet des circonstances qui par souci de pragmatisme et de sagesse nous invite à nous taire.

Ce fut si éloigné des rapports enthousiastes et chaleureux que je partageais antérieurement, de l’émulation créative et intellectuelle que je connu  au sein de milieux pourtant ultra concurrentiels, que cela me mis le moral à zéro. C’est alors qu’il m’est apparu opportun de mettre fin à cette formation qui se révéla psychologiquement des plus pénibles chaque matin appréhendant le déroulement de la journée avec un nœud au ventre.

Je m’identifiais presque toute proportion gardée, à ces hommes et ces femmes quittant leur pays en embrassant une nouvelle nation, prenant conscience combien pour certains l’adaptation dans un contexte parfois hostile se révélait douloureux.
Je pense ici notamment aux personnes sans-papier qui subissent les affres de l’administration la plus cruelle faisant abstraction de la réelle force de caractère et de motivation d’un individu qui traverse des kilomètres, parfois dans les conditions les plus périlleuses  et ce dans l’espoir de vivre au sein d'environnement meilleur afin de construire une existence paisible.

Cette expérience  m’ayant considérablement fragilisée, se matérialisa tel l’échec de trop. Je me retrouvais  dans une des périodes les plus sombres, en proie au doute le plus intense. Souffrant alternativement d’insomnie et d’hypersomnie. Ne parvenant plus à avoir une quelconque visibilité sur mon avenir. Recherchant à tout pris une porte de sortie. Je me torturais l’esprit en tentant de comprendre, les raisons pour lesquelles les projets dans lesquels je m’investissais sincèrement, profondément n’aboutissaient pas.

C’est en ces termes que je confiais mes peines et craintes à notre généreux et tout aussi érudit Jacques-Eugène STAUFFER, qui tantôt empreint d’empathie s’efforçait d’adoucir ce qu’il aime à nommer «  les autoflagelations» que je m’infligeais et d’autres fois avec fermeté m’admonestait en m’invitant et ce dans les plus brefs délais à me ressaisir.

Je rétorquais à notre grand ami, le désir de prendre du recul, de réfléchir ou ne plus rien penser, me laisser porter, flotter ? Il me rétorquait que je me devais de relever la tête par amour et devoir envers moi-même et l’Esprit Phiien,  auprès duquel je m'étais engagée.
Et ô combien il est en effet juste que la découverte de cette belle pensée m’ébranla jusqu’à manifester la ferme volonté d’œuvrer en son sein.

J’ajoutais qu’il m’était impossible d’envisager un engagement exclusif au sein de l’enseignement Phiien car il m’importait aussi de me construire en parallèle en suivant d’autres activités en sus.  Chose à laquelle notre conquérant philanthrope, m’opposa l’impératif d’opérer un choix.

C’est ainsi que telle une bouteille jetée à la mer, ce texte s'étire afin de m’aider à identifier ce que pourrait être mon avenir en tant que jeune idéaliste perdue pour l’heure dans les affres de méandres abyssales autos construites. 


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